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Don’t Call Me Worthy
Guy Viarre

Guy Viarre, Don’t Call Me Worthy, 14 x 19 cm, 96 pages, tiré à 444 exemplaires sur Centaure naturel 110 g. Isbn : 2-9515180-4-8. 10 euros. Juin 2002.

10 euros
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Un récit de Guy Viarre, dont deux recueils ont paru chez Unes (Finir erre, Devant le sel), et un troisième chez Flammarion (Tautologie 1, in collectif 4 poètes, janvier 2002).

 

 

 

Autour de l'ouvrage :

Le Livre des parois

Grèges n°7 Viarre Guy
  "Don’t call me Worthy" Récit ; extraits

(Pas d'autre œuvre aux éditions Grèges)

Presse :

La certitude brutale, soudaine, que celle qui partage votre vie vous trompe, et c’est toute une relation au monde et aux autres qui se trouve brisée. À ce qui vient d’être ainsi désenchanté, le narrateur va opposer l’élan nihiliste d’une parole en proie à l’égarement, le manège d’une voix qui, pour résister à la montée de la nuit, va renvoyer chacun à sa propre folie. Au coeur d’un présent disgracié se croisent et se recroisent -sur un mode mi-comique, mi-tragique- tous les paradoxes du "conjoint" et du "séparé", du doute et du cauchemar, de la détresse et du sarcasme. Une exigence de dire qui emporte normes et modèles. C’est poignant et dérisoire, don quichottesque et célinien. Car du bien, du mal, du meurtre et de l’amour -cette éternelle matière matricielle du vivre- Guy Viarre (disparu l’an dernier à l’âge de 30 ans) a manifestement choisi de privilégier la forme plutôt que le fond. À plaie ouverte, sur fond de mer et d’incendie, de pensées aventurées et de déchirures qui rêvent de se transmuer en envols, sa phrase tourne, rumine sa cible avant de décocher sa flèche. Ou bien elle porte sa croix, joue de tous les amalgames ou cherche la formule d’une lucidité supérieure. Une langue qui palpite quand elle ne resserre pas ses anneaux sur sa proie, rendant parfois la page irrespirable. Parce que l’enfer c’est la parole des autres. "L’ai dit STOP marche arrière et regarde-moi quand tu recules. Et regarde-moi quand tu recules et que je te demande où tu vas. Et regarde-moi et ne me le dis pas et fais en sorte que je ne l’entende pas. Ni son nom ni autre chose NOOON". Parce qu’il est toujours trop tard pour savoir. Par peur du dernier mot. Pour que la résonance du silence revirginise l’apocalypse.

Richard Blin

Article paru dans le Matricule des Anges n° 40, Septembre-octobre 2002.

(Le Matricule des Anges)
http://www.lmda.net

Presse :

Guy Viarre était poète. Les éditions Unes l’ont publié. Cinq recueils sont parus, le dernier chez Flammarion. Certains l’ont tout de suite remarqué - dont les éditions Grèges, qui le publièrent dans leur excellente revue. Guy Viarre est mort cette année, laissant derrière lui de nombreux manuscrits inédits. Don’t Call Me Worthy est un de ceux-là, pré-publié partiellement dans la revue de l’éditeur, donné ici dans son intégralité broussailleuse. Don’t Call Me Worthy est une prose que l’auteur pensait « illisible et pas par supérieure obscurité, par inférieure, par quelque chose de trop bas - où plus rien n’est vert je crois ». Du trop bas de récriture, Guy Viarre a laissé sourdre un texte intime, difficile, douloureux, que les torsions de la phrase rendent souvent bien déroutant : un texte dont le lecteur éprouve l’énigmatique, qui croît en même temps qu’une étrange fascination. D’un bord de mer du sud de la France, en un temps où la canicule frappe et les incendies font rage, un homme livre son état d’assiégé, entre la vieillesse malaisée de sa mère et les menaces d’expropriation de promoteurs immobiliers. Digressant, sans souci de fil narratif, enchaînant les niveaux de texte en se défiant de la ponctuation - jusqu’à, souvent, l’éliminer -, coupant son discours net au mépris d’un illogisme de surface, Guy Viarre perd son lecteur pour mieux le rapprocher du surgissement brut de l’écriture. Le résultat : une prose/poésie directe qui « cherche la somme que font ceux qui l’intéressent ou le concernent ou qu’il aime. Ou pour lesquels il pourrait brutalement contracter de l’amour ». Une démarche intransigeante « qui trouve un résultat qui l’effare toujours plus ou moins et souvent c’est plus », traduit par cette écriture qui « recommence » avant même d’avoir « fini ses calculs ». Pour ceux qui aiment, après ou entre les douces joies des narrations classiques, se heurter à un brûle-gueule non filtré.

Pierre Hild

Page des libraires, septembre 2002.

 

 

         

 

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