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Les éditions Grèges

978-2-915684-44-5



Jean-René Lassalle

Né en 1961 en France, Jean-René Lassalle est enseignant de français à l’Université de Fribourg (Allemagne) et mentor en poésie à la HKB / Haute Ecole des Arts de Berne (Suisse). Il a traduit Métaux voisins de Friederike Mayröcker (Atelier de l’Agneau, 2003), Matière à l’autre bout l’esprit de Paul Wühr (Grèges, 2006) et Le Labyrinthe d’abord invente le fil rouge de Franz Josef Czernin (Grèges 2011). J.-R. Lassalle a en outre publié plusieurs livres de poèmes : La Forêt de signes (Rafael de Surtis, 1999), Triling (Cynthia 3000, 2008), Poèmes carrés (Grèges, 2012), Série Hombroïch (Ink, 2015).

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Rêve : Mèng est un livre de poésie en chinois et français, qui se développe sur des processus d’autotraduction métamorphosante. Ce livre s’insère sans doute dans des courants actuels et encore assez rares de poésie multilingue et d’expérimentations avec la traduction. Il est cependant un des seuls à employer les caractères chinois dans leurs nombreuses facettes : plastique (dessin), sonore (transcription phonétique), morphologique (monosyllabes), idéogrammatique (la signification polysémique). Il se démarque aussi des œuvres - qu’il respecte - de Victor Ségalen ou Ezra Pound en ce sens qu’il établit un système de construction qui permet à l’auteur de composer lui-même un poème chinois. Les poèmes obtenus sont écrits dans une langue chinoise « rêvée », c’est le titre même du livre qui répond d’avance à une critique d’orientalisme : Un état comme dans un rêve : une langue française modelable est fécondée par une langue chinoise sous boîte à musique ciselée, à l’intérieur d’un crâne de l’ouest, le complétant (Rêve : Mèng).On plonge ici dans la langue de l’autre plutôt que dans un exotisme, et le résultat est de toute façon un « rêve » avoué (mèng), allusion possible à un roman classique chinois qui se déroule à l’intérieur d’un rêve. L’auteur établit un système personnel de structures carrées aux monosyllabes comptés, dont une partie est basée sur une tradition minoritaire réelle de la poésie chinoise ancienne qui permet de créer plusieurs sens de lecture à un texte - les « huiwenshi » étudiés par la poète et sinologue Michèle Métail - grâce à la syntaxe flexible et aux mots détachés des déterminants dans la poésie classique chinoise, comme celle admirée de la période Tang (7e- 9e siècles). La poursuite de la forme poétique carrée est aussi une constante de l’auteur, qui voit en elle un symbole de l’esprit tentant de saisir la multiplicité du monde pour le moment du poème. La première partie est donc un hommage à la poésie des Tang tout en insérant certains de leurs poèmes célèbres dans la mécanique transformatrice du livre qui problématise aussi la traduction du chinois au français : comment rendre des monosyllabes polysémiques ? La solution est ici volontairement plus poétique que linguistique : en employant des mots français monosyllabiques flottants qui acquièrent les 4 tons du chinois. Dans la deuxième partie, le livre complexifie la première structure en créant des poèmes directement en chinois et en les lisant, « auto/traduisant », interprétant, dépliant ludiquement de manières multiples. Il s’agit de développer ici un lyrisme retenu qui, au delà d’un squelette de contraintes textuelles, cherche à créer une poésie dans sa chair de langage et pensée-musique.

Le livre Rêve : Mèng peut être considéré comme un seul poème : il transforme la nostalgie ou douleur de la séparation des deux langues, chinoise et française, en un microcosmos lyrique, linguistique, onirique.

 

 

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