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Les éditions Grèges

Presse

Article paru dans le Matricule des Anges n° 40, Septembre-octobre 2002.

Richard Blin

La certitude brutale, soudaine, que celle qui partage votre vie vous trompe, et c’est toute une relation au monde et aux autres qui se trouve brisée. À ce qui vient d’être ainsi désenchanté, le narrateur va opposer l’élan nihiliste d’une parole en proie à l’égarement, le manège d’une voix qui, pour résister à la montée de la nuit, va renvoyer chacun à sa propre folie. Au coeur d’un présent disgracié se croisent et se recroisent -sur un mode mi-comique, mi-tragique- tous les paradoxes du "conjoint" et du "séparé", du doute et du cauchemar, de la détresse et du sarcasme. Une exigence de dire qui emporte normes et modèles. C’est poignant et dérisoire, don quichottesque et célinien. Car du bien, du mal, du meurtre et de l’amour -cette éternelle matière matricielle du vivre- Guy Viarre (disparu l’an dernier à l’âge de 30 ans) a manifestement choisi de privilégier la forme plutôt que le fond. À plaie ouverte, sur fond de mer et d’incendie, de pensées aventurées et de déchirures qui rêvent de se transmuer en envols, sa phrase tourne, rumine sa cible avant de décocher sa flèche. Ou bien elle porte sa croix, joue de tous les amalgames ou cherche la formule d’une lucidité supérieure. Une langue qui palpite quand elle ne resserre pas ses anneaux sur sa proie, rendant parfois la page irrespirable. Parce que l’enfer c’est la parole des autres. "L’ai dit STOP marche arrière et regarde-moi quand tu recules. Et regarde-moi quand tu recules et que je te demande où tu vas. Et regarde-moi et ne me le dis pas et fais en sorte que je ne l’entende pas. Ni son nom ni autre chose NOOON". Parce qu’il est toujours trop tard pour savoir. Par peur du dernier mot. Pour que la résonance du silence revirginise l’apocalypse.

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